Monsieur le Président de la République
Que cette journée du 11 novembre 2011, a été une cérémonie émouvante tant par sa ferveur, que par les décisions annoncées,
elle a été aussi, pour nous, celle de l' espérance.
Je tiens par la présente au nom de tous les anciens de Suez et Chypre vous dire : Merci Monsieur le Président de la République.
Enfin le mot "Suez" a été prononcé, nous ne sommes plus ignorés.
Le 11 avril 2007, vous avez adressé à André Painsecq, créateur de l'ANAC aujourd'hui décédé, une lettre
encourageante pour que ceux de l'opération
700 dite Mousquetaire 1956 / 1957 soit enfin reconnus.
Au cours de ce conflit, 19 des nôtres ont été tués. Comme vous l'avez dit, Monsieur le Président, ils ont droit, eux aussi,
à la reconnaissance de la Nation, c'est un devoir de mémoire.
Ce qui nous inquiète au plus haut point, est que les conflits des OPEX reconnus, ne le sont qu'à partir de 1962, il n'est
donc pas prévu d' honorer nos morts sur le futur monument prévu à la mémoire de tous ceux qui ont donné leur vie pour la Patrie.
Vous avez, pour action, communiqué au ministère de la défense, les différents courriers que nous vous avons envoyés, mais,
comme ceux que nous leur adressons directement, tous sont sans réponse.
Est ce normal d'être si peu considérés par notre ministère de tutelle ?
Monsieur le Président, nous vous serions reconnaissants, de bien vouloir intervenir auprès des autorités en charge de notre
dossier, pour qu'une révision des décisions prises jusqu'à ce jour, fassent que les Appelés, Maintenus, et Engagés obtiennent la TRN, et, le statut d'ancien combattant à part entière, sans
distinction d'Armes, de Régiments, de Métiers, et de Fonctions.
Savez vous, que les appelés n'auraient pas dû être envoyé au Moyen-Orient ?.
Tous sur place, avons œuvré pour que gagne la France, et n'ont pas que quelques uns, comme décidé jusqu'à présent. La
victoire est le résultat des efforts de tous.
Il est donc nécessaire, que le Ministre de la Défense, le Secrétaire d’État aux anciens combattants, les personnes en charge
de ce dossier, fassent procéder à la révision de notre statut, pour qu'enfin, tous ceux qui ont quitté la France, pour défendre ses intérêts en territoire étranger soient enfin reconnus.
En un mot, Monsieur le Président, nous vous demandons de transformer l’essai, que vous venez de marquer.
Monsieur le Président sachez que notre reconnaissance vous est acquise, faites en somme de ne pas décevoir ces vieux
militaires de 76 à 80 ans qui n'ont même pas droit au qualificatif de vétéran, car1956, est antérieur à 1962 ! Pour eux c'est une question d'Honneur.
Monsieur le Président de la République, je tiens à vous remercier sincèrement de votre soutien, et vous prie d'agréer,
l'hommage de mon plus profond respect.
Henri, Jean-Claude LAFON
PJ : Plaque déposée par nos soins et à nos frais à l'entrée de la caserne du 35 éme RAP à
Tarbes
Liste des 19 morts, le 19 éme ne figure pas sur la plaque, car connu après sa pose.
L'historique de notre association
Réponse de la Présidence de la République Etat-Major Particulier
Monsieur le Président,
Par lettre en date du 12 novembre dernier, sous avez bien voulu faire part à Monsieur le Président de la République de vos
réflexions sur l'évolution de la portée symbolique de la journée du 11 novembre.
Très attaché au devoir de mémoire et particulièrement attentif au monde combattant, le Chef de l'État m'a confié le soin de
vous répondre.
Le Président de la République a souhaité qu'à l'occasion du 11 novembre la République rende désormais hommage dans un même
geste aux Poilus disparus lors de la Grande Guerre et à tous les soldats tombés, depuis lors, dans l'accomplissement de leur devoir.
L'évolution de la société française, l'actualité, l'oeuvre du temps qui bouscule les générations, imposent, plus que jamais,
de redonner du sens aux journées dé célébrations nationales ainsi qu'aux commémorations des différents conflits qui ont endeuillé notre nation.
Le Chef de l'État souhaite donc que le 11 novembre puisse permettre de se souvenir des militaires morts dans
tous les conflits du 20 éime siècle et d'aujourd'hui,
consolidant ainsi le lien fort qu'il souhaite maintenir entre la nation et le monde combattant.
Enfin, j'adresse à nouveau votre correspondance à Monsieur le secrétaire d'État auprès du ministre de la défense et des
anciens combattants afin qu'il prenne connaissance de vos réflexions et vous fasse connaître la suite qu'il paraîtra possible de lui réserver.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma considération distinguée.
Le commissaire en chef de la marine
Bernard ABBO
Réponse du Président de la République
Paris, le 25 novembre
Monsieur le Président,
Comme vous le savez, j'ai décidé de donner aux commémorations du 11 novembre un visage nouveau. Cette date fait partie de
l'histoire de notre pays et restera à jamais attachée au souvenir des soldats de la Grande Guerre, nos glorieux Poilus.
Mais dans cette journée laquelle la pire des guerres a donné une signification si profonde, c'est à tous les « morts pour la
France» que la Nation rendra désormais aussi hommage. Depuis la Première Guerre mondiale, plusieurs conflits sont venus retirer à nos familles d'autres frères, d'autres pères, d'autres maris,
d'autres fils : ils méritent tous la reconnaissance solennelle de la Nation pour leur sacrifice,
C'est pourquoi les soldats « morts pour la France » depuis 1914 seront désormais associés à cet hommage national du 11
novembre.
Il s'agit d'une évolution importante de la portée symbolique de cette cérémonie nationale à laquelle je suis comme vous très
attaché.
Aussi m'a-t-il semblé opportun de vous adresser personnellement le discours que j'ai prononcé au pied de l'Arc de Triomphe
le 11 novembre dernier auprès du Soldat Inconnu et de cette flamme qui ne s'est jamais éteinte.
Votre association dont je salue l'admirable dynamisme et la constante ferveur, est en effet la preuve de la vitalité de ce
devoir de mémoire et le témoignage permanent, auprès de nos concitoyens, du courage des soldats français, quels que soient l'époque et le théâtre de leur engagement et de leur sacrifice.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en assurance de mes sentiments les meilleurs,
Nicolas SARKOSY
Entre temps nous avons appris l'existence d'un projet de monument à la mémoire des
soldats morts en OPEX et nous avons consulté le rapport sur le site:
http://www.theatrum-belli.com/archive/2011/11/30/rapport-du-groupe-de-travail-monuments-aux-morts-en-operatio.html
Ayant constaté une nouvelle fois que le conflit de Suez était complétement occulté, Nous
avons adressé de nouveau un courrier à Monsieur Guy Tessier ainsi qu'au Général Mercier Ancien Commandant de la BA 112
Monsieur Guy TEISSIER
Député des Bouches du Rhône
Président de la Commission de la Défense
Assemblée Nationale
Objet : Obtention de la TNR et de la carte d'anciens combattants
Monsieur le Président
Vous avez bien voulu répondre à mon courrier du 18 octobre dernier, je vous en suis reconnaissant, je formule des voeux,
pour que vos interventions auprès des services du Ministère de la Défense, soient porteuses de résultats.
Le 11 novembre, le Président de la République, au cours de son allocution à l'Arc de Triomphe, a cité SUEZ, imaginez notre
joie, pour nous c’était un début de reconnaissance. Il a fait part aussi, du prochain monument National, qui sera érigé à Paris, à la mémoire de ceux qui sont morts
pour la France en OPEX. Savez vous que la date plancher retenue est 1962, quid de ceux qui sont morts entre la dernière guerre mondiale est 1962 ? Faut'il en déduire que les morts pour la France
n'ont pas tous la même valeur ?
Qui décide de telles anomalies ?
Le 6 novembre à Brignoles, nous avons fêté le 55 éme anniversaire de Suez, en présence de Madame Josette Pons, députée de la
6 éme circonscription du Var, à cette occasion , elle a décrit cette opération aujourd'hui méconnue. Nous lui avons témoigné notre satisfaction, et par l'intermédiaire de monsieur Michel Dutto,
organisateur de cette cérémonie, nous lui avons remis un document relatant notre situation et nos objectifs.
Monsieur le Président de la commission de la défense, dans la mesure du possible, si vous pouvez nous tenir informer de
l'évolution de vos démarches en notre faveur, sachez que les membres de l'ANAC Suez et Chypre 1956/1957 vous en serons tous reconnaissants.
Dans cette attente, avec mes sincères remerciements, veuillez agréer, Monsieur le Président l'expression de ma considération
distinguée.
H. Jean-Claude LAFON
Courrier de Guy Teissier
Député des Bouches-du-Rhône
Monsieur le Président.
J'ai bien reçu votre lettre du 19 novembre dernier par laquelle vous m'avez apporté des précisions sur la situation des
anciens combattants de Suez et de Chypre et je vous en remercie.
J'ai bien noté le problème posé par le fait que nous ne devons pas négliger nos militaires Morts pour la France entre 1945
et 1962 ainsi que tous ceux qui ont accepté d'exposer leur vie pour que notre pays puisse défendre ses valeurs et faire entendre sa voix dans le monde, en particulier les Anciens Combattants de
Suez et Chypre.
Aussi ai-je décidé de procéder aux contacts nécessaires avec le cabinet du ministre pour que cette
préoccupation soit prise en compte.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de ma considération.
Guy TEISSIER
Réponse du Général Mercier
MINISTÈRE DE LA DÉFENSE ET DES ANCIENS COMBATTANTS
Cabinet du Ministre Paris, le 14 décembre2011
Le Chef du Cabinet militaire
Monsieur le Président,
Vous avez appelé mon attention sur les conditions d’attribution de la carte du combattant et du titre de reconnaissance de
la Nation aux militaires ayant participé aux opérations de Suez et Chypre en 1956. en me faisant part de vos regrets de ne pas voir évoluer la réglementation, laquelle exige un temps de présence
de 90 jours en unité combattante.
Il convient en premier lieu de préciser que l’évolution des critères donnant vocation à la qualité de combattant et au titre
de reconnaissance de la Nation est fondée sur un nécessaire principe d’équité.
Dans ces conditions, il n’est pas apparu nécessaire de distinguer le théâtre de la Méditerranée orientale de l’ensemble des
autres territoires pris en considération.
Pour autant, si la règle de droit commun pour l’attribution de la carte du combattant est d’avoir appartenu à une unité
combattante pendant au moins 90 jours, il ne doit pas en être nécessairement conclu que les anciens de la campagne de Suez sont systématiquement écartés du droit à la carte du combattant en
raison de la brièveté du conflit qui a duré 63 jours.
En effet, certaines unités bénéficient des dispositions de l’arrêté du 15 avril 1994 fixant les bonifications à prendre en
considération. En fonction de l’intensité des opérations de combat, des bonifications de 15, 30 ou 60 jours ont été attribuées en 1996 à certaines unités engagées. Les engagés volontaires
bénéficient quant à eux, à titre individuel, d’une bonification de 10 jours.
Par ailleurs, et pour rester dans le droit commun, il est rappelé qu’indépendamment de la durée de présence en unité
combattante, une participation à 9 actions de feu ou de combat collectives permet l’attribution de la carte du combattant et qu’aucune condition n’est exigée des militaires titulaires d’une
citation avec croix ou justifiant d’une blessure de guerre.
Enfin, le cumul de services effectués au titre de différentes opérations est autorisé pour satisfaire aux conditions
requises pour l’attribution de la carte du combattant au titre des opérations extérieures. Cette règle de cumul est également applicable pour le titre de reconnaissance de la Nation. Les
militaires ayant participé aux conflits de Méditerranée orientale peuvent donc obtenir ces qualités en y ajoutant les services accomplis au titre d’autres opérations.
Dès lors, on ne saurait considérer les anciens combattants des opérations de Suez et de Chypre comme des oubliés de
l’histoire, nombre d’entre eux bénéficiant de la retraite du combattant ou du titre de reconnaissance de la Nation en application des règles précitées.
Je souhaite enfin vous faire part des raisons qui expliquent que le futur monument dédié aux soldats morts en OPEX
comprendra les noms de ceux qui sont tombés après 1962, conformément aux propositions contenues dans le rapport du groupe de travail présidé par le général Bernard THIORETTE
Au moment où s’affirme progressivement la « 4eime génération du feu », la Nation se devait de rendre hommage aux
soldats morts en OPEX. Cette reconnaissance devait, entre autres, s’inscrire dans la pierre, afin que celles et ceux qui ont combattu lors de ces opérations et que les familles des soldats qui
sont tombés pour la France aient
conscience que leurs épreuves ou leur sacrifice ne sont pas méconnus.
La mémoire des OPEX, mémoire en construction, est en cela différente de la mémoire des conflits antérieurs, fissent-ils,
comme la guerre de Corée, conduits dans un cadre international qui en fait des préfigurateurs des opérations contemporaines. D’ailleurs, les anciens du Bataillon de Corée possèdent déjà leur
monument à Paris.
Le rapport a également mis en évidence que la nouvelle génération du feu ne comprendrait pas que le
monument auquel elle aspire soit également dédié à des conflits désormais lointains, dans lesquels elle ne se reconnaît pas.
Dans ces conditions, et dans le souci de répondre aux fortes attentes de la « nouvelle génération du feu» et de
ne pas brouiller le message adressé à la communauté nationale, il a été décidé de dédier ce monument aux soldats tombés lors des conflits postérieurs à la guerre d’Algérie
Les anciens du Bataillon de Corée, et des opérations de Chypre et de Suez ne doivent pas se méprendre sur le sens de ce choix
ni en prendre ombrage. Le Gouvernement n’ignore en rien leurs mérites et leurs faits d’armes.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Général de corps aérien Denis MERCIER
Commentaires
Circulez il n'y a rien a voir
Quels moyens avons-nous à présents
Faudra-t'il aller taguer les noms des notres sur ce monument ?
Il me vient de suite une pensée pour Madame Lancrenon et ses enfants et je suis fier de les
avoir vu dévoiler notre plaque de Tarbes.
Mais surtout n'essayer non plus de vous flinguer devant ce monument pour attirer
l'attention.
Un colonel de la Marine l'a fait en octobre dernier ainsi d'attirer l'attention sur
le génocide des Mhongs du Laos, ses anciens compagnons d'armes.
Il est mort dans l'indifférence génèrale. S'il avait été épicier tunisien
?
Un militaire n'a aucune valeur dans le jeu politique.
Une nouvelle fois nous sommes les cocus de la République
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