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Blog de l'Association Nationale des Anciens Combattants de Suez et Chypre Opération Mousquetaire 1956

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Les Secrets de l'Expédition d'Egypte

Les Secrets de l'Expédition d'Egypte

De Serge et Merry Bromberger

Jeune ministre, M. Bourgès-Maunoury, avait, dès le début d'août, envoyé à Londres, un aviateur selon ses vues, le général Brohon, le plus jeune des ailes françaises, 44 ans, le seul à piloter activement les derniers avions à réaction. Un anglicisant. Il était déjà l'ami des Britanniques en 1935 en Syrie quand il usait les pneus de ses Potez 25 sur les terrains d'Alep, de Palmyre, de Damas. Il avait suivi les traces de Lawrence au Hedjaz.

A Vichy pendant la guerre, il avait appartenu au service de renseignements anglais et un Lockeed 'était venu le chercher pour l'amener à Londres. Il avait servi dans la R.A.F. chef d'un groupe de bombardiers Halïfax, il avait secoué Berlin, Hambourg, La Rhur. Il était passé par l'école de guerre de la R.A.F. avant d'être appelé, boulevard Victor, à réorganiser le troisième bureau de l'air. Il avait travaillé quatre ans au Pentagone avec le général Ely.

Familier des coulisses ministérielles et diplomatiques de l 'O.T.A.N., il l'était aussi des derniers avions à réaction étrangers, ce qui lui valut le commandement de la base de Reims, quand celle-ci fut dotée des chasseurs-bombardiers Thunderstreak.

Grand, mince, racé, le jeune général est un aviateur comme on en dessine dans les magazines féminins. Mais discret, distant même, un peu lointain au gré de ses officiers, c'est en réalité un intellectuel de l'air, un loup dévorant de bibliothèques et spécialement de bibliothèques anglaises.

Le général Brohon devait essayer de faire triompher une conception qui avait la faveur du gouvernement français: une action aérienne réduite aux aérodromes, mais combinée avec une série d'opérations aéroportées jouant à saute-mouton les unes sur les autres le long du canal et assurant le contrôle complet de la voie d'eau internationale en quatre jours.

 Le débarquement ne devait plus être qu'une formalité, amenant à Port-Saïd maîtrisé par les parachutistes, les troupes de relève et les chars nécessaires à la liaison des points stratégiques pris par les paras.

Mais cette conception se heurtait à la hantise que les Anglais ont conservé de Nimègue et d'Arheim ou les bataillons du ciel,  laissés trop longtemps isolés, s'étaient fait décimer. Pas de parachutages sans secours porté aux parachutistes dans les douze heures! lui répondait-on. Les paras ne pouvaient être que des éclaireurs du débarquement en force.

Quand les hostilités se déclenchèrent, mécaniciens et rampants travaillèrent presque sans dormir pendant une semaine. Une équipe de cent hommes remuait chaque jour 87 tonnes de rockets et de munitions dans une poussière infernale.

Cet effort surhumain s'accomplit sans une protestation. Les 60 consultations par jour du toubib avant les opérations tombaient à dix pendant la campagne. Il convient d'ajouter qu'elles se réduisirent à zéro le jour du rembarquement réservé aux bien-portants. Mais les terrains de l'île regorgeaient d'avions. On ne savait plus où les mettre. Les voies de garage, le bord de pistes étaient encombrés d'appareils. Un raid égyptien ou soviétique eut fait un massacre.

Les Français avaient apporté de quoi servir cent chasseur-bombardiers. Ils ne purent amener à Akrotiri que deux escadrons de « F 84 » : 40 avions venant de Reims et 15 Thunderflash de reconnaissance arrivant de Cognac.

A Tymbou, la Compagnie de livraison des Paras s'instal1ait avec 40 Nord 2501. Au quartier général d'Episcopi, le général Brohon exerçait deux commandements l'un officiel, celui d'adjoint au commandant des forces aériennes alliées, l'Air Marshall Barnett, l'autre clandestin, celui de commandant des forces françaises en Israël, Son Chef d'Etat-Major le colonel Perdrizet était spécialement chargé de diriger les mouvements des chasseurs et chasseurs-bombardiers installés à Lydda et à Haiffa, en accord avec les besoins du général Moshe Dayan.

 

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