Blog de l'Association Nationale des Anciens Combattants de Suez et Chypre Opération Mousquetaire 1956
Ils ne doivent pas être oubliés
David Seymour et Jean Roy
(Cet article est paru dans le Paris Match n°398 du 24 novembre 1956. )
David Seymour est un photojournaliste américain, plus connu sous le pseudonyme de Chim.
Il acquiert une notoriété internationale en couvrant la Guerre Civile espagnole, la Tchécoslovaquie et d'autres
événements marquants en Europe. Au déclenchement de la seconde Guerre mondiale, il était à New York et s'engage en 1940 dans l'United States Army où il servira comme photographe et interprète
jusqu'en 1945.
En 1947, avec Robert Capa, Henri Cartier-Bresson et George Rodger, il fonde l'agence Magnum
En 1954, à la mort de Capa en Indochine, Seymour devient le directeur de Magnum.
Il meurt le 10 novembre 1956, victime d’une mitrailleuse égyptienne avec Jean Roy sur les rives du canal.
Jean Roy
Une semaine après la mort de Jean-Pierre Pedrazzini, tombé sous les balles russes, une nouvelle tragédie vient endeuiller
notre journal. Notre reporter Jean Roy est tombé sous les balles égyptiennes, près d'El Kantara. Il était parti le 10 novembre, vers 12 heures (trois jours après le cessez-le-feu), en compagnie
du photographe américain David Seymour, dans une jeep. Ils dépassèrent le dernier poste britannique, sans voir les signaux que leur faisaient les sentinelles, et pénétrèrent dans le "no man's
land". Les Anglais, qui les suivaient à la jumelle, virent la voiture zigzaguer et tomber dans un canal d'irrigation,
en même temps qu'ils entendaient une rafale. C'est le lendemain qu'un officier de liaison égyptien confirma la mort des deux reporters. Et c'est seulement quatre jours plus tard que leurs corps
furent rendus et ramenés au camp français de Port-Fouad, où c
es deux nouveaux martyrs du journalisme reçurent l'hommage des armes. Paras, commandos de la marine et
tirailleurs sénégalais ont rendu les honneurs aux disparus. Dans un discours d'adieu à nos camarades, le général Beaufre a exalté le sacrifice des combattants de l'information. Agé de trente-cinq ans, Jean Roy avait parcouru, comme grand reporter, le monde entier, du Guatemala à l'Indochine et
de Hollywood à Moscou. Il avait écrit plusieurs romans. Le président de la République et le président du Conseil se sont associés au deuil de sa jeune femme et de ses trois enfants qui est aussi
notre deuil et celui de la presse tout entière.
A Port-Saïd où les troupes n'occupent que deux rues, Jean Roy (à g.) s'est jeté au secours de la population. Ici, avec le reporter Jean Nolli, il porte un enfant blessé.