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Blog de l'Association Nationale des Anciens Combattants de Suez et Chypre Opération Mousquetaire 1956

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Le récit de Michel Driaux

Le récit de Michel Driaux  embarqué sur le "Brest"

Après la classes, je me suis retrouvé dans un camp de transit à Cherbourg. J'étais affecté dans une compagnie de matériel. J'étais le chauffeur de la Jeep du lieutenant qui la commandait, Un beau jour nos  150 véhicules ont été montés sur un train. Nous, nous sommes montés dans des wagons à bestiaux dans lesquels nous étions assis sur des bottes de paille. Nous avons fait le grand tour de Paris et nous nous sommes retrouvés à Marseille où nous sommes restés plusieurs mois en caserne.

A un moment donné, nos véhicules, les munitions, etc, ont été embarqués sur le Brest, un bateau marchand qui avait été réquisitionné. Finalement nous avons pris la mer le 28 octobre, C'était, la tempête. Sur les 150 que nous étions seulement 15 n'ont pas été malades. C'est dire Tout seul, le bateau faisait des ronds dans l'eau et puis, toutàcoup, il a pris la direction de l'est.

Quand nous sommes arrivés au large du canal, ça canardait de partout. Il  y avait des centaines de bateaux sur la mer, dont un porteavions pas très loin. Des dépôts de carburant étaient en feu. On entendait le cliquetis des balles sur la coque. Le soir, on nous a même demandé de mettre nos gilets de sauvetage, Un petit bateau est venu semer des grenades anti sous-marines autour de notre bâtiment et le lendemain on a vu deux cadavres de plongeurs qui flottaient sur l'eau : "Enfin, notre matériel" a été débarqué sur une plage, grâce à des péniches

En effet, des bateaux avaient, été coulés un peu partout et le port comme le canal n'était plus utilisable. Nous *avions peur car on continuait à nous tirer dessus. Puis ça s'est calmé. Nous avons traversé en convoi la ville de PortSaïd complètement déserte et nous avons gagné un camp où nous sommes restés un moment.

Nous allions voir les bateaux qui coulaient lentement dans le canal et, parfois, nous arrivions à sauver des marchandises qu"ils transportaient. Une fois, nous avons même mis la main sur des caisses de whisky.

La nourriture était également appréciable car nous n'avions qu'une ration, de la taille d'une boite de sucre, par jour, avec le pâté, le "singe", des biscuits de guerre, les cigarettes et le café. Il faisait très chaud. Nombreux sont ceux qui ont souffert de dysenterie. .

Je voyais un pou le pays car, avec ma jeep, j’assurais le ravitaillement. Je passais même parfois le canal, sur un bac, pour me rendre du côté anglais avec mon lieutenant. Nous n'étions pas toujours rassurés. Et, certaines nuits nous avons essuyé des coups de feu en faisant la garde. Par contre, nous avons vu très peu de civils tout au long de notre séjour làbas.

Nous étions en très grande majorité dés appelés, il y avait même des rappelés qui n'étaient pas contents. Nous couchions sous la tente, nous posions nos chaussures à l’envers pour que les scorpions ne s’y introduisent pas. Nous faisions brûler des boites de conserves remplies de sable imbibée d’essence et de fuel. Ca brûlait toute la nuit et ça les faisait fuir.

"Le 14 décembre, nous avons repris le même bateau. Personne n'avait été tué. Et le 21, nous étions à Marseille après une escale à Bizerte. J'ai même pu passer les fêtes de Noël à Vire.

 Ensuite, c'est une autre histoire. J'ai revu Marseille pour prendre, cette fois, la direction de l'Algérie, le 14 septembre 1957. Obligé de porter un corset de fer (insupportable du fait de la chaleur) à cause de problèmes de dos, J'ai connu les hôpitaux de Tiaret et d'Oran puis j'ai été libéré à Rennes, le 19 mars 1958. "

Evidemment, on s'est demandé ce qu'on était allé faire en Egypte. Les rappelés mariés se posaient la même question avec plus d'insistance encore. J'aimerais quand même bien revoir l’Egypte. C’est un pays qui m'a paru très beau.

Rendu à la vie civile, Michel Driaux a encore supporté son corset pendant une bonne douzaine d'années.

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